Reportage

Les voitures électriques ont encore un long chemin à accomplir avant de prouver leur commodité d’utilisation quotidienne aux automobilistes sceptiques. Mais en faisant traverser cinq pays avec une seule charge de batterie à la présentatrice météo et fondatrice de Climate Without Borders, Jill Peeters, dans une Jaguar I-PACE, un pas a peut-être bel et bien été franchi.

Parcourir près de 330 kilomètres de routes européennes, à travers la Belgique, la France, le Luxembourg, l’Allemagne et les Pays-Bas : cela semblait le meilleur moyen pour le constructeur automobile Jaguar de prouver que son I-PACE électrique était parfaitement capable d’avaler bon nombre de kilomètres avec une seule charge de batterie. Mieux : à l’arrivée du road-trip, à Maastricht, il restait encore 29 kilomètres au compteur de cet SUV électrique.

Au volant : Jill Peeters, madame météo de la chaîne de télévision commerciale VTM et fondatrice de l’organisation pour le climat Climate Without Borders. Depuis la mise sur pied, en 2017, elle a réuni au sein de cette organisation 140 collègues présentateurs de la météo de 110 pays différents avec pour objectif de générer ensemble une grosse prise de conscience du climat parmi les téléspectateurs, les followers (NdlR les suiveurs) et les fans. L’organisation est reconnue par des cénacles internationaux tels que les Nations Unies et la World Meteorological Organization, ainsi que les institutions flamandes pour la recherche technologique VITO, IMEC et ITG. Jill Peeters a d’ailleurs encore reçu, en décembre dernier, le prix de la ‘Meilleure Solution Climatique’ pour son travail avec Climate Without Borders.

Le manque de confiance a disparu

« Dans un avenir proche, nous allons de plus en plus souvent être confrontés à des conditions climatiques extrêmes », explique Jill Peeters. « C’est la raison pour laquelle nous soutenons, avec Climate Without Borders, des initiatives qui peuvent créer un monde meilleur, plus viable pour tous. L’encouragement de la conduite électrique représente dès lors l’une des actions importantes en matière de développement durable. »

Les automobilistes sont aujourd’hui intéressés par la conduite électrique, mais ils n’ont pas encore vraiment confiance en l’autonomie d’une voiture électrique. Avec ce trajet en voiture à travers cinq pays, qui plus est dans des conditions hivernales, Jaguar a voulu démontrer que le conducteur d’une I-PACE n’a rien à envier aux propriétaires d’une voiture avec un moteur à combustion classique sur le plan de la commodité d’utilisation et de la portée.

Amélioration de la charge de la batterie

Ce dernier aspect certainement reste, selon Jaguar, un obstacle pour de nombreux consommateurs qui sont en soi intéressés par la conduite électrique. Avec le Jill Peeters Climate Challenge, le constructeur a voulu montrer que la majorité des conducteurs peut parfaitement adopter une voiture électrique pour ses déplacements quotidiens. Dans le même temps, Jaguar a effectué des améliorations sous le capot, de sorte que l’I-PACE puisse exploiter sa charge de batterie de façon optimale.

Pour commencer, la batterie de 90 kWh peut être parfaitement refroidie ou réchauffée avant le départ, de sorte qu’elle puisse fonctionner de

manière optimale dans toutes les conditions climatiques. Le système de navigation définit toujours le trajet électrique idéal. Et en trois quarts d’heure à peine, les propriétaires de leur I-PACE auront rechargé leur batterie à 80 pourcent à un chargeur rapide de courant continu de 100 kW. Une charge nocturne à la maison (dix heures pour ces fameux 80 pourcent susmentionnés) peut s’opérer via le WallBox, qui fonctionne sur un courant alternatif de 7 kW.

Embarquer des invités

Pour élargir son histoire de climat, Jill Peeters a également embarqué durant son périple de 300 kilomètres plusieurs invités au passage qui, chacun à leur manière, ont été confrontés à des conditions climatiques extrêmes. C’est le cas de Timmy Haubrechts, un chauffeur de chariot élévateur qui a particulièrement souffert de la chaleur l’été dernier et qui a fait, à l’époque, la Une des journaux par son initiative ludique qui consistait à proposer aux gens de venir se rafraîchir « en tenue estivale, avec bouée licorne ou flamant rose, flotteurs, bikini body et six pack de bière » dans la chambre froide du magasin Colruyt où il travaille.

 

Les autres passagers furent Mirko Simoens et Laura Leemans, tous deux actifs chez les scouts à Vilvorde, qui sont venus évoquer la manière dont le réchauffement climatique les a touchés.

Invité suivant : le vigneron Karel Henckens du domaine viticole Aldeneyck, à proximité de la ville limbourgeoise de Maaseik. Il est venu raconter comment le microclimat de la vallée de la Meuse, l’un des endroits les plus chauds du Benelux, est affecté par le réchauffement climatique.

Steven Peleman, Strategy & Innovation Director au sein de la filiale belge du géant de la consultance Deloitte, est venu expliquer comment sa passion du ski et du surf l’a rendu particulièrement sensible à la préservation d’un monde viable, ce qui l’a poussé à recentrer complètement son expérience et sa formation au service de cette cause. Son attention et sa spécialisation se portent en particulier sur les défis amenant les entreprises à devoir entièrement se réinventer et servir un ‘objectif plus grand’ via leur portefeuille de production, leur recherche et développement, leur modèle commercial et leur nouvelle identité. Des objectifs d’un niveau supérieur tels que le développement durable, la responsabilité climatique ou la circularité, par exemple.​

Pour terminer : Bart Muys, chercheur à la KU Leuven et spécialisé dans le domaine des forêts, de la nature et des paysages. Il a souligné l’importance des entreprises pionnières (telles que Jaguar), qui doivent montrer l’exemple pour rendre l’industrie plus durable. Comprenez : certains constructeurs automobiles devront tout simplement prendre l’initiative en matière d’électrification. « Il est crucial d’assurer une transition temporaire vers un monde où les émissions polluantes seront radicalement réduites. »​